Quand un devis arrive sans détail, ce n'est pas parce que le détail est secret. C'est parce qu'il est inconfortable : il montre combien d'heures partent dans des choses que le client ne voit pas, et il rend comparable ce qui ne l'était pas. J'ai préféré l'écrire ici, une fois, plutôt que de le répéter en réunion.
Les trois postes qui composent un prix
Tout ce que je facture tombe dans trois catégories, et elles n'ont pas la même nature. Les confondre est la principale source de malentendus.
1. La mise en place, un travail une fois
C'est le temps de conception et de développement : comprendre le besoin, décider ce qu'on ne fait pas, construire, test, mettre en ligne. Il se facture une fois, et il est proportionnel à ce qui est construit, pas au temps passé. C'est pourquoi les offres du catalogue ont un prix fixe : le client sait ce qu'il paie avant de commencer, et je porte le risque de mes propres estimations.
Concrètement, une offre d'entrée représente quelques jours de travail ; une plateforme métier avec réservation, espace client et synchronisation comptable en représente plusieurs semaines. Le catalogue s'étale de 2 499 € à 14 999 € pour cette raison, et chaque écart entre deux offres correspond à quelque chose de nommable.
2. La maintenance, un service chaque mois
C'est ce qui n'existe pas dans un devis au forfait, et c'est la ligne que les agences oublient volontairement : un site en production ne dort pas. Le serveur demande des mises à jour de sécurité, les certificats expirent, les sauvegardes doivent être vérifiées (une sauvegarde non testée n'en est pas une), et les dépendances publient des correctifs qu'il faut appliquer sans casser ce qui fonctionne.
Dès 100 €/mois, ce poste couvre l'hébergement, le nom de domaine, les sauvegardes surveillées, les mises à jour techniques et du temps de modification de contenu. Ce n'est pas une rente : c'est le prix d'une surveillance, et il est plus bas que celui d'une intervention d'urgence un dimanche.
3. Le risque, ce que personne ne facture
Un développeur indépendant qui prend un projet engage son nom dessus. Si le site tombe, ce n'est pas une équipe support qui répond, c'est lui. Cette responsabilité n'apparaît sur aucune ligne de devis, mais elle explique pourquoi travailler avec une personne seule n'est pas moins cher par accident : il n'y a pas d'échelon intermédiaire à payer, et pas de sous-traitance à marger au passage.
Pourquoi pas un paiement unique
La question revient toujours : « et si je payais tout d'un coup, je ne paierais pas moins cher ? » Non, et voici l'arithmétique.
Un site doit vivre quelque part. Même sans maintenance, il faut de l'hébergement, un nom de domaine et quelqu'un qui applique les correctifs de sécurité. Un site laissé sans mises à jour pendant deux ans n'est pas un site économique, c'est un site compromis en attente. Un paiement unique serait donc suivi, de toute façon, d'un abonnement technique. La seule différence serait qu'il aurait été facturé discrètement plus tard.
À 100 €/mois, la maintenance représente environ 1 200 € par an. À titre de repère, le SMIC mensuel net est de l'ordre de 1 400 € : ce montant n'achète donc même pas une journée de travail d'un salarié chargé, tout en couvrant douze mois de surveillance. C'est un choix, pas une aubaine : il fonctionne parce que le même code sert plusieurs clients, ce que je ne peux faire qu'en refusant de construire différemment chaque site pour la même fonction.
Ce qui n'est pas dans le prix
Trois choses, et il vaut mieux les dire avant de signer.
- Le contenu. Je ne rédige pas vos textes métier à votre place et je ne photographie pas vos locaux. Je peux les intégrer, les structurer, les corriger (c'est du travail de développement), mais le récit de votre entreprise n'est pas quelque chose que j'invente.
- La publicité et le suivi d'audience. Les régies imposent des balises et des consentements qui appartiennent à un autre métier. Je pose la mécanique, vous décidez de la politique.
- Le contenu illimité. Une offre d'entrée couvre un site vitrine de 1 à 5 pages. Au-delà, ce n'est plus la même offre, et c'est affiché.
Comment vérifier tout ça
Vous n'avez pas à me croire. Le catalogue public donne le prix de chaque offre et de chaque option, et le configurateur recalcule le total devant vous, côté serveur, ligne par ligne. Vous pouvez composer un devis sans remplir de formulaire commercial, et le montant affiché est celui que je reçois.
Si un prix vous paraît incohérent avec ce que vous demandez, écrivez-moi : soit je sais expliquer d'où il vient, soit je me suis trompé et je le corrige.
Thibault L., développeur web à Paris depuis 12 ans.